vendredi 21 août 2026

Chacun y trouve son conte

 

Il y a bien longtemps, dans un pays lointain baigné par le soleil égyptien, naquit un homme bon et sage nommé Aphrodise.
Aphrodise n'était pas un homme ordinaire. Il était le grand prêtre du culte d'Amon dans la cité sacrée d'Héliopolis.
Sa vie bascula le jour où il ouvrit sa porte à une famille de voyageurs épuisés. C'étaient Joseph, Marie et l'enfant Jésus, qui fuyaient à travers le désert pour échapper au terrible massacre de tous les petits garçons innoçents de moins de deux ans. Un massacre ordonné par le roi Hérode de Judée. Il est important que je te dise que le roi Hérode était sous la protection des romains. Des mages lui avaient annoncé qu'un nouveau-né allait prendre sa place.
Bouleversé par la pureté de ce petit enfant et par l'histoire de ses parents, Aphrodise sentit son cœur changer. Il abandonna les dieux de son enfance et son pays de sable pour suivre la lumière du Christ. Il quitta tout et mit le cap sur la ville de Béziers pour y apporter son message de paix.
Heureusement il ne voyageait pas seul. Depuis l'Égypte, un grand chameau marchait fidèlement à ses côtés. Ce compagnon des sables, aussi étranger que son maître sur ces terres du Languedoc, faisait sensation. De mémoire d'homme, aucun habitant de la région n'avait jamais vu une bête aussi étrange et majestueuse !
Arrivé aux abords de la cité romaine de Baeterra — le nom ancien de Béziers —, Aphrodise choisit pour maison une humble grotte cachée au nord de la ville. Il n'en sortait que pour prêcher et parler au cœur des habitants. Très vite, sa gentillesse et ses paroles firent des merveilles, et beaucoup de gens l'adoptèrent. Mais ce succès finit par agacer grandement les autorités romaines. Il fut arrêté puis condamné à mort. On l'emmena au milieu de la foule sur une place pour y être décapité. 
Sa tête tranchée fut jetée par les soldats au fond d'un puits voisin. Mais au lieu de disparaître, l'eau se mit soudain à bouillonner et remonta à toute vitesse, rapportant la tête à la surface ! Le corps d'Aphrodise, toujours debout, s'avança et reprit délicatement sa tête entre ses mains. Sous le regard stupéfait et terrifié de ses bourreaux, l'homme sans tête se mit à marcher calmement à travers les rues.
En voyant ce prodige, les Biterrois (habitants de Béziers) paniquèrent. Croyant voir un démon, ils jetèrent à ses pieds des milliers de coquilles d'escargots pointues pour le blesser et arrêter sa course. Mais le miracle continua : le saint marcha sur ce tapis coupant comme s'il glissait sur des plumes, sans se faire aucun mal et sans écraser une seule coquille.
Le saint arriva ainsi jusqu'à sa grotte initiale. C'est là, dans ce lieu paisible, qu'il s'allongea et s'ensevelit lui-même pour s'endormir dans un sommeil éternel.
Bien des siècles plus tard, une basilique fut construite juste au-dessus de son tombeau pour honorer sa mémoire. Et la magie de ce lieu est bien réelle ! Sous le sol de l'église, caché dans la terre, se trouvait un très ancien cimetière datant de l'époque des Romains. Des siècles après la mort d'Aphrodise, des archéologues ont creusé et ont découvert de véritables tombes de pierre et de vieilles poteries romaines enfouies sous les piliers. Cette basilique avait vraiment été bâtie sur une mystérieuse cité antique.
Mais vous vous demandez, qu'est-il arrivé au fidèle chameau d'Aphrodise ?
Après la mort de son maître, l'animal se retrouva tout seul à errer dans la ville. Au début, les chefs de la ville refusèrent de payer pour s'occuper d'un si gros animal. Heureusement, une gentille famille de potiers de Béziers décida de l'adopter pour le sauver. Ils prirent grand soin de lui, partageant leur blé et leur nourriture. Plus tard, quand tout le monde comprit qu'Aphrodise était un saint, la ville décida de financer entièrement la vie du chameau pour honorer la mémoire de son maître. L'animal vécut ainsi de longues années, choyé comme un roi.
Lorsque le chameau mourut à son tour, les potiers avaient encore de l'argent et du blé qui avaient été donnés pour lui. Pour ne pas gaspiller ces trésors, ils fabriquèrent de grands pains qu'ils distribuèrent gratuitement aux personnes pauvres de la ville.
Avec le temps, ce pain des pauvres s'est transformé en une délicieuse brioche parfumée à la fleur d'oranger et saupoudrée de sucre : la coque de Saint-Aphrodise. Aujourd'hui encore, les boulangers les préparent souvent par groupe de douze pour rappeler les douze apôtres.
Quant au chameau lui-même, les Biterrois refusèrent de l'oublier. Ils fabriquèrent une immense machine en bois recouverte d'une toile peinte qui lui ressemblait. Depuis ce jour, ce chameau en bois est devenu le grand symbole de Béziers. Chaque année, lors des grandes fêtes, les habitants font danser ce chameau géant dans les rues, tout en dégustant de savoureuses coques en souvenir de cette belle aventure.
coques de Saint-Aphrodise (photo du net)

jeudi 20 août 2026

Le seul paradis pour lui, c'était un jardin sous la pluie...

Tête de chameau en laiton (Béziers)
 

SALMA YA SALAMA 

1977
P.Delanoë/J.Salah/J.Barnel

Un homme des sables
Un homme de sable
Des plaines sans arbres, s'en va de son pays
Au-delà des dunes courir la fortune
Car le paradis pour lui
Ce n'est qu'un jardin sous la pluie
Salma ya salama
Je te salue ya salama
Salma ya salama
Je reviendrai bessalama

Mais l'homme des sables
Pour faire le voyage, n'a que l'espoir au cœur
Un jour il arrive, il touche la rive
Il voit devant lui des fleurs
La grande rivière du bonheur

Salma ya salama
Je te salue ya salama
Salma ya salama
Je reviendrai bessalama

C'était un mirage
Il n'y avait pas de rivière
Et la bonne et riche et douce terre n'était que du sable
Il reprend sa course vers une autre source
Il finira pas trouver le puits de la liberté

Salma ya salama
Je te salue ya salama
Salma ya salama
je reviendrai bessalama

Un homme des sables
Des plaines sans arbres, s'en va de son pays
Au-delà des dunes courir la fortune
Le seul paradis pour lui, c'était un jardin sous la pluie

Version 1977 de la chanson :

https://www.youtube.com/watch?v=D5pxLzlL9Xk


Et ici la version originale de 1920 (avec des paroles très différentes) :

mercredi 19 août 2026

Brebis en métal rouillé

A propos du Berger :

 « Car il est notre Dieu, et nous sommes le peuple de son pâturage, le troupeau que sa main conduit... Oh ! si vous pouviez écouter aujourd'hui sa voix ! » 


Aveyron, Séverac-le-Château
 œuvre d'André Debru ferronnier d'art

photo du net

Chacun y trouve son conte

  Il y a bien longtemps, dans un pays lointain baigné par le soleil égyptien, naquit un homme bon et sage nommé Aphrodise. Aphrodise n'é...