mercredi 21 octobre 2026

Trail sélectif


 Le parking forestier des Grands Sapins affichait complet ce matin, transformé pour l'occasion en un véritable salon de l'automobile du renoncement esthétique. Pas moins de 87 ludospaces – un alignement clinique de Citroën Berlingo gris alu, de Dacia Jogger et de Renault Kangoo d’occasion – s'entassaient dans la boue, flanqués de quelques camping-cars au charme résolument soviétique.

À l’origine de ce rassemblement de l'extrême : le coup d'envoi du « Trail de la Résilience Pédagogique », une course de trois jours organisée en pleines vacances scolaires. Un timing parfait pour ce peloton presque exclusivement composé d'enseignants du service public, venus chercher dans la souffrance physique un exutoire aux réformes ministérielles.
Sur le bitume détrempé, l’ambiance est à la haute couture militante. Refusant catégoriquement de céder aux sirènes du capitalisme et des multinationales de l'extrême-sport, les participants arborent un dress-code d'une sobriété radicale. Le « starter pack » du traileur-enseignant est immuable : K-Way d'époque, chaussettes de tennis beige mi-hautes et claquettes de piscine en plastique blanc, vierges de tout logo.
« C’est la preuve irréfutable que ce ne sont pas nos troupes qui ont pillé les boutiques de sport du centre-ville samedi dernier », confie Christian, prof d’histoire-géo et syndicaliste, en réajustant sa claquette droite pleine de boue. « Par contre, on y était à la manif, oui. On a marché 15 bornes sous les slogans, aujourd'hui on enchaîne avec 42 kilomètres de trail sous la pluie, et samedi on retourne bloquer un rond-point. Je peux vous dire qu'à la rentrée des classes, on sera absolument détruits. Les élèves vont passer les trois premières semaines à regarder des documentaires d'Arte pendant qu'on dormira debout contre le tableau. »
Sur le parkings boueux, une file d'attente silencieuse s'est formée devant une cabane en bois abritant des toilettes sèches à la pointe de la technologie médiévale. L'odeur de sciure humide se mêle à celle du désespoir.
Au cœur de cette logistique de guerre, les enfants des coureurs subissent, dociles, le programme des vacances choisies par leurs géniteurs. Assis sur le pare-chocs d'un break Scenic qui a connu des jours meilleurs, le jeune Arthur, 8 ans, tente de mastiquer un triste sandwich au jambon. Le pain, visiblement acheté l'avant-veille pour éviter le gaspillage, affiche une sécheresse qui rivalise avec le climat sahélien, contrastant cruellement avec la pluie torrentielle qui s'abat sur son k-way trop grand.
« Samedi, j'ai porté la banderole "Non à l'austérité" pendant quatre heures dans le froid », raconte le petit garçon, le regard vide et les lèvres légèrement bleuies par un froid de canard. « Là, papa va courir pendant trois jours dans la forêt en faisant la gueule, et maman dit qu'on dort dans le Berlingo pour économiser l'empreinte carbone. Le sandwich est super sec, mais si je ne le finis pas, j'ai une interrogation orale sur la biodiversité dès qu'on rentre. »
À quelques mètres de là, un groupe de profs de SVT tente de s'échauffer en trottinant dans les flaques, le visage fermé, le sourcil froncé, arborant la mine patibulaire des grands jours de grève générale. Le coup d'envoi vient d'être donné par un coup de sifflet strident, immédiatement noyé sous un grondement de tonnerre. Les premiers courreurs s'élancent dans la tempête, portés par la seule force de leur statut de fonctionnaire et la certitude qu'au fond, le pire reste à venir : corriger les copies du premier trimestre.
Alors que le peloton de profs-traileurs s'enfonce péniblement dans les fourrés sous une pluie toujours plus dense, la situation prend une tournure géopolitique complexe au sein de la forêt des Grands Sapins. Les véritables autochtones de la région – les animaux sauvages – affichent un dégoût et une terreur qui dépassent de loin le cadre d'un simple désagrément de voisinage.
Perchés sur les branches de chênes et sapins centenaires, des écureuils et des rapaces observent le désastre, les yeux littéralement exorbités par le spectacle. Jamais, de mémoire de rongeur, on n’avait vu autant de personnes piétiner le tapis de mousse forestier dans un tel silence de mort, interrompu uniquement par le bruit de succion de la boue et les soupirs syndicaux.
« C’est un enfer auditif et visuel », semble hurler le regard d’un chevreuil, tapi derrière un buisson de fougères aux côtés d'un blaireau et d'une fouine, tous trois tétanisés par le passage d’un prof de physique-chimie en plein effort, arborant un K-Way jaune fluo et une barbe ruisselante de pluie. Un groupe de sangliers, d'ordinaire maîtres des lieux, a tenté une retraite stratégique, horrifié par l'odeur persistante de la sciure humide des toilettes sèches qui commence à saturer l'atmosphère de leur forêt. Les oiseaux, pris de panique devant ce défilé d'humains qui font visiblement la gueule, s'envolent par nuées entières dans le ciel de traîne, abandonnant leurs nids à une mort certaine par dépression nerveuse.
Contre toute attente, alors que la nuit tombe sur le parking des Grands Sapins et que le froid de canard menace de transformer les derniers enfants de profs en stalactites de K-Way, un miracle de civisme est venu illuminer ces trois jours d'angoisse.
Si la cohabitation avec les chasseurs s'est terminée dans un dialogue de sourds et que les animaux de la forêt consultent actuellement des cellules de soutien psychologique pour stress post-traumatique, le bilan environnemental de l’événement affiche un score digne d’un pays scandinave. C'est la touche finale qui permet de clore cette épopée sur une note presque joyeuse.
Sur le parking boueux où s'entassent les Berlingo et les Jogger, pas un seul emballage n'a survécu au sol. Le moindre bout de plastique entourant les tristes sandwichs au jambon sec a été traqué avec la rigueur d'une dictature verte. Des profs de SVT, bien que perclus de crampes et grelottant dans leurs claquettes sans marque, ont patrouillé le site jusqu'au dernier centimètre carré, armés d'une lampe frontale et d'un sens aigu de la justice écologique.
« Un peuple qui manifeste et qui court sous la pluie est un peuple qui trie », a fièrement déclaré Christian, en glissant le carton d’emballage de ses nouvelles chaussettes de tennis sèches dans le bac jaune. « Les chasseurs ont laissé trois douilles par terre, on leur a fait un cours de civisme de 45 minutes. Ils sont repartis en courant. »
Le point d'orgue de la journée est resté l'attraction autour des bennes municipales installées près de la cabane des toilettes sèches. Dans une communion solennelle sous la pluie battante, les traileurs épuisés ont fait la queue pour effectuer un tri sélectif d'une précision chirurgicale :
- Dans le bac jaune : les bouteilles de boissons énergisantes ultra-éthiques (sans BPA) et les rares prospectus syndicaux non distribués.
- Dans le bac noir : les croûtes du pain de l'avant-veille, jugées définitivement trop dures pour être digérées par un être humain normal.
Ce respect scrupuleux des consignes de tri a apporté un vent de gaieté inattendu dans les rangs. Pour fêter ce sans-faute environnemental, les enseignants ont entonné une chanson  militante autour de la benne de recyclage, sous le regard profondément écoeuré d'un renard et d'un blaireau qui espéraient secrètement manger des restes de nourriture par terre. Les enfants, voyant que le parking était propre et qu'ils allaient enfin pouvoir monter à l'arrière du Scenic chauffé à 14 degrés pour rentrer à la maison, ont esquissé leur tout premier sourire du week-end. Une belle mentalité et un bon point pour le service public, qui prouve qu'on peut tout à fait faire la gueule pendant trois jours tout en sauvant la planète.

vendredi 9 octobre 2026

Parler ?... Oui, uniquement pour vous faire plaisir :-)


 RÊVE

Dans ce rêve je vois distinctement ce frère et cette soeur qui se sont retrouvés dans l'au delà. Ils se présentent à cet âge là bien qu'ils soient décédés à plus de 85 ans tous les deux. L'atmosphère est très sereine, ils sont heureux de s'être retrouvés et s'entendaient très bien de leur vivant. Il s'agit de la terrasse de leur maison d'enfance dans la scène du rêve. 

Sur la droite, à l'intérieur d'une église, je vois un lustre en bambou cassé en deux pour mieux laisser passer la lumière. Une journaliste que je ne vois pas veut interroger avec un micro ce frère et cette sœur qui n'ont pas particulièrement envie de lui parler. J'interviens et ils finissent par accepter de parler uniquement pour lui et nous faire plaisir. Fin du rêve !

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(S'en sont suivies d'autres scènes de rêve dans lesquelles il était aussi question de paroles. Une petite fille qui changeait d'école sortait d'une pièce mais je n'ai pas pu savoir où elle se rendait. Un homme derrière un bureau tenait un carnet dans lequel tous ces renseignement étaient consignés. J'étais assise en face de cet homme et le rêve s'est arrêté avant qu'il ne me renseigne en parlant)

jeudi 1 octobre 2026

Quand te décideras tu enfin à prendre ce rendez-vous chez le dentiste ?!!!


 RÊVE

En fin de nuit, dans un demi sommeil, une chouette hulotte de belle envergure se pose sur mon épaule gauche. Elle bat des ailes, c'est plutôt impressionnant. Elle commence à mordre avec puissance et insistance mon index. Son bec contient des dents ressemblant à des molaires ! Et à ce moment je comprends ! Oui, j'ai repoussé depuis plusieurs semaines la prise d'un rendez-vous chez le dentiste... 

J'ai téléphoné ce matin au cabinet dentaire habituel et comme par miracle au bout de deux sonneries une secrétaire très sympathique m'a répondue et m'a donné un rendez-vous dans un mois et demi. Pas mal ! ;-) 

D'habitude il fallait téléphoner pendant plusieurs jours avant qu'une secrétaire désagréable que je dérangeais visiblement ne daigne répondre. Et elle disait : Êtes vous déjà une patiente du Docteur X sinon on ne vous prend pas et je n'ai pas de place avant 3 mois !..."

Que de progrès ce matin ! Un véritable miracle ! ;-)

Trail sélectif

  Le parking forestier des Grands Sapins affichait complet ce matin, transformé pour l'occasion en un véritable salon de l'automobil...