vendredi 23 octobre 2026

Changer d'école ou changer l'école ?


La PQR ou presse quotidienne régionale est une source d'inspiration inépuisable !
Voici donc un article de la PQR à propos de l'actualité de la faculté de Trifouilly les oies :

« Les relations pouvaient être un peu tendues avec les étudiants qui allaient en cours »  reconnaît Morgane étudiante en sociologie. Les manifestants ont changé de stratégie. « On ne bloque plus, on a organisé un mouvement plus festif avec de la musique, des jeux de société. On invite les étudiants à venir échanger. Lors de notre négociation, les manifestants ont obtenu une salle pour se réunir et discuter sur la suite du mouvement, ainsi qu'une levée de l'assiduité obligatoire en cours. Comprenez-vous, lorsqu'on ne va pas en cours on peut perdre nos bourses ou ne pas valider nos semestres empêchant ainsi certains camarades de se mobiliser." 

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Après plusieurs jours de tension et de paralysie totale un accord historique a enfin été trouvé entre le direction de l'université et les bloqueurs du campus de Trifouilly les oies. En échange de la libération des grilles le doyen a accepté de capituler sur l'intégralité des revendications, à commencer par le bannissement immédiat du jeu de Monopoly jugé criminellement capitaliste.

Dès les premières lueurs de l'aube, un vent de soulagement a soufflé sur le campus. Conscient que le courage politique consiste avant tout à éviter le conflit, le doyen de la faculté a courageusement choisi de céder à 100 % des exigences des manifestants. Selon des sources internes, sa décision aurait aussi été subtilement prise entre une adhésion idéologique totale et une lâcheté administrative de premier ordre, l'homme ayant été aperçu en train de signer l'accord en position latérale de sécurité sous son bureau. 

Le Monopoly est une incitation à la spéculation immobilière sauvage s'est réjouit Jules étudiant en 7e année de licence de sociologie autogérée. Désormais nous le remplacerons par des ateliers de tricot solidaire.

En plus de l'éradication de la figure de la rue de la Paix du jeu de Monopoly, l'administration s'est engagée à fournir une salle de réunion équipée de poufs en toile de jute ainsi qu'une dispense totale et définitive d'assiduité pour tous les étudiants qui estiment que se lever avant 11h du matin constitue une agression systémique.

Le mouvement continue néanmoins dans une ambiance qualifiée de festive et autogérée,  rythmée par des concerts de flûte à bec et des AG visant à déterminer si l'usage de l'électricité dans la fac ne serait pas une concession secrète au complexe militaro industriel.

Du côté de la présidence on se félicite d'un retour à la normale : « les cours ne sont plus dispensés mais l'accès au bâtiment est libre. C'est le principal » 

L'accord décroché de haute lutte par les étudiants continue de dévoiler ses plus beaux fleurons administratifs. Face à une cellule de crise composée d'un doyen en sueur et de trois syndicalistes armés de mégaphone, l'université a acté une avancée majeure pour le droit à la sieste : le maintien intégral des bourses d'études, totalement décorrélé de cette notion vieillissante qu'est l'assiduité. 

« Exiger qu'un étudiant assiste au cours pour toucher sa bourse est une violence néolibérale calquée sur le monde du travail », a martelé la coordination des bloqueurs.

Comprenant immédiatement le sens de l'histoire, ou terrorisé à l'idée de rater son train de 16h, le doyen a signé le décret stipulant que la présence physique en amphithéâtre est désormais considérée comme facultative voir suspecte. Désormais, le simple fait de penser à l'université depuis son lit une fois par trimestre suffira à valider l'année avec mention. 

Pour occuper les journées de ce non apprentissage libérateur, le conseil de faculté a validé une liste officielle de divertissements rigoureusement décapitalisés. Le Monopoly est définitivement envoyé au goulag des accessoires bourgeois ; c'est le jeu de l'oie qui devient la nouvelle référence civique du campus. Un choix stratégique majeur puisque, selon les grévistes, l'oie incarne l'idéal de la marche collective où tout le monde avance au même rythme.

Le doyen a accepté de répondre à nos questions :

- "l'interdiction du Monopoly a tout de même surpris par sa radicalité. En quoi ce jeu menaçait il l'équilibre de votre faculté ? "

Le doyen : "Ouvrez les yeux ! Le Monopoly est une usine à fabriquer de petits actionnaires sans scrupules. L'autre jour, j'ai vu un étudiant de première année jubiler après avoir mis son propre camarade en faillite avec 3 hôtels rue de Courcelles. C'est intolérable dans un espace de service public. En le remplaçant par le jeu de l'oie, où l'on subit tous ensemble les aléas du destin sans jamais pouvoir s'enrichir, nous préparons au mieux nos diplômés de lettres et sciences humaines à leur future réalité socio-économique." 

- "Vous avez également validé Le loup-garou révisé, où l'on élimine les étudiants soupçonnés d'avoir un livret A. Ne craignez-vous pas une dérive idéologique de gauche radicale au sein de votre établissement ? "

Le doyen : "Ecoutez, je ne fais que suivre le sens du vent. Si le vent est à gauche, je suis à gauche. S'il tourne, je tournerai aussi, mais avec une souplesse vertébrale qui fait ma fierté. Mon rôle n'est pas d'avoir des convictions, mais de faire en sorte que mon véhicule de fonction ne soit pas retourné sur le toit sur le parking de la fac. Si pour obtenir la paix sociale je dois proclamer la fac  Zone Autonome Temporaire (ZAT)  je le ferai. C'est cela, le sens de l'État. "

Témoignage de Morgane, 24 ans, étudiante en sociologie autogérée :

- " Morgane, vous avez obtenu la fin de l'obligation d'assiduité pour le versement des bourses. C'est un soulagement ? "

Morgane : "Totalement. L'assiduité est une injonction temporelle ultra-violente. Attendre d'un individu qu'il soit assis sur une chaise en bois à 8h30 du matin pour écouter un enseignant lui expliquer des concepts dépassés, c'est une reproduction pure et simple du modèle de l'usine du 19e siècle. Grâce à notre action, nos bourses sont enfin redevenues ce qu'elles auraient toujours dû être : un salaire d'existence citoyenne destiné à financer nos droits à l'épanouissement personnel." 

- "Mais du coup, comment allez-vous valider vos examens si vous ne venez plus du tout sur le campus ? "

Morgane : "Déjà, utiliser le mot examen, c'est une agression. L'évaluation chiffrée crée de la hiérarchie et de la compétition inter-individuelle. Heureusement le doyen a aussi signé une charte de bienveillance inclusive : la notation se fera au ressenti. Si j'ai bien intégré l'esprit de la lutte sociologique depuis mon canapé je m'attribue un 16 sur 20 d'auto validation. C'est une démarche de notation décentralisée. Ma présence physique à la fac se limitera désormais aux AG décisives."

- "Pourquoi le Monopoly représentait il un tel danger pour vous et vos camarades ? "

Morgane : "Le Monopoly est un outil de propagande fasciste capitaliste qui traumatise les masses dès l'enfance. J'ai vu des camarades de l'UNEF s'insulter pour l'achat de la gare de Lyon. Le concept même de devoir payer un loyer quand on tombe sur la case de quelqu'un d'autre est une apologie du patriarcat immobilier. Le jeu de l'oie, lui est profondément horizontal et solidaire : quand on tombe dans le puits, on attend que la collectivité vienne nous sauver. Personne ne spécule, personne ne s'enrichit, et tout le monde s'ennuie au même rythme. C'est le modèle de société que nous voulons."

- "Quelle est la prochaine étape de votre combat ? "

Morgane : "On est en train de monter un groupe de travail pour analyser l'impact du jeu de scrabble. Compter les points en fonction de la rareté des lettres nous paraît très discriminatoire pour les consonnes minoritaires. On veut imposer un scrabble inclusif ou tous les mots inventés valent 50 points, du moment qu'ils dénoncent le système. Le doyen est déjà d'accord, il a juste demandé qu'on ne brûle pas ses rideaux."

mercredi 21 octobre 2026

Trail sélectif


 Le parking forestier des Grands Sapins affichait complet ce matin, transformé pour l'occasion en un véritable salon de l'automobile du renoncement esthétique. Pas moins de 87 ludospaces – un alignement clinique de Citroën Berlingo gris alu, de Dacia Jogger et de Renault Kangoo d’occasion – s'entassaient dans la boue, flanqués de quelques camping-cars au charme résolument soviétique.

À l’origine de ce rassemblement de l'extrême : le coup d'envoi du « Trail de la Résilience Pédagogique », une course de trois jours organisée en pleines vacances scolaires. Un timing parfait pour ce peloton presque exclusivement composé d'enseignants du service public, venus chercher dans la souffrance physique un exutoire aux réformes ministérielles.
Sur le bitume détrempé, l’ambiance est à la haute couture militante. Refusant catégoriquement de céder aux sirènes du capitalisme et des multinationales de l'extrême-sport, les participants arborent un dress-code d'une sobriété radicale. Le « starter pack » du traileur-enseignant est immuable : K-Way d'époque, chaussettes de tennis beige mi-hautes et claquettes de piscine en plastique blanc, vierges de tout logo.
« C’est la preuve irréfutable que ce ne sont pas nos troupes qui ont pillé les boutiques de sport du centre-ville samedi dernier », confie Christian, prof d’histoire-géo et syndicaliste, en réajustant sa claquette droite pleine de boue. « Par contre, on y était à la manif, oui. On a marché 15 bornes sous les slogans, aujourd'hui on enchaîne avec 42 kilomètres de trail sous la pluie, et samedi on retourne bloquer un rond-point. Je peux vous dire qu'à la rentrée des classes, on sera absolument détruits. Les élèves vont passer les trois premières semaines à regarder des documentaires d'Arte pendant qu'on dormira debout contre le tableau. »
Sur le parkings boueux, une file d'attente silencieuse s'est formée devant une cabane en bois abritant des toilettes sèches à la pointe de la technologie médiévale. L'odeur de sciure humide se mêle à celle du désespoir.
Au cœur de cette logistique de guerre, les enfants des coureurs subissent, dociles, le programme des vacances choisies par leurs géniteurs. Assis sur le pare-chocs d'un break Scenic qui a connu des jours meilleurs, le jeune Arthur, 8 ans, tente de mastiquer un triste sandwich au jambon. Le pain, visiblement acheté l'avant-veille pour éviter le gaspillage, affiche une sécheresse qui rivalise avec le climat sahélien, contrastant cruellement avec la pluie torrentielle qui s'abat sur son k-way trop grand.
« Samedi, j'ai porté la banderole "Non à l'austérité" pendant quatre heures dans le froid », raconte le petit garçon, le regard vide et les lèvres légèrement bleuies par un froid de canard. « Là, papa va courir pendant trois jours dans la forêt en faisant la gueule, et maman dit qu'on dort dans le Berlingo pour économiser l'empreinte carbone. Le sandwich est super sec, mais si je ne le finis pas, j'ai une interrogation orale sur la biodiversité dès qu'on rentre. »
À quelques mètres de là, un groupe de profs de SVT ascétiques tente de s'échauffer en trottinant dans les flaques, le visage fermé, le sourcil froncé, arborant la mine patibulaire des grands jours de grève générale. Le coup d'envoi vient d'être donné par un coup de sifflet strident, immédiatement noyé sous un grondement de tonnerre. Les premiers courreurs s'élancent dans la tempête, portés par la seule force de leur statut de fonctionnaire et la certitude qu'au fond, le pire reste à venir : corriger les copies du premier trimestre.
Alors que le peloton de profs-traileurs s'enfonce péniblement dans les fourrés sous une pluie toujours plus dense, la situation prend une tournure géopolitique complexe au sein de la forêt des Grands Sapins. Les véritables autochtones de la région – les animaux sauvages – affichent un dégoût et une terreur qui dépassent de loin le cadre d'un simple désagrément de voisinage.
Perchés sur les branches de chênes et sapins centenaires, des écureuils et des rapaces observent le désastre, les yeux littéralement exorbités par le spectacle. Jamais, de mémoire de rongeur, on n’avait vu autant de personnes piétiner le tapis de mousse forestier dans un tel silence de mort, interrompu uniquement par le bruit de succion de la boue et les soupirs syndicaux.
« C’est un enfer auditif et visuel », semble hurler le regard d’un chevreuil, tapi derrière un buisson de fougères aux côtés d'un blaireau et d'une fouine, tous trois tétanisés par le passage d’un prof de physique-chimie en plein effort, arborant un K-Way jaune fluo et une barbe ruisselante de pluie. Un groupe de sangliers, d'ordinaire maîtres des lieux, a tenté une retraite stratégique, horrifié par l'odeur persistante de la sciure humide des toilettes sèches qui commence à saturer l'atmosphère de leur forêt. Les oiseaux, pris de panique devant ce défilé d'humains qui font visiblement la gueule, s'envolent par nuées entières dans le ciel de traîne, abandonnant leurs nids à une mort certaine par dépression nerveuse.
Contre toute attente, alors que la nuit tombe sur le parking des Grands Sapins et que le froid de canard menace de transformer les derniers enfants de profs en stalactites de K-Way, un miracle de civisme est venu illuminer ces trois jours d'angoisse.
Si la cohabitation avec les chasseurs s'est terminée dans un dialogue de sourds et que les animaux de la forêt consultent actuellement des cellules de soutien psychologique pour stress post-traumatique, le bilan environnemental de l’événement affiche un score digne d’un pays scandinave. C'est la touche finale qui permet de clore cette épopée sur une note presque joyeuse.
Sur le parking boueux où s'entassent les Berlingo et les Jogger, pas un seul emballage n'a survécu au sol. Le moindre bout de plastique entourant les tristes sandwichs au jambon sec a été traqué avec la rigueur d'une dictature verte. Des profs de SVT aux visages et corps émaciés, bien que perclus de crampes et grelottant dans leurs claquettes sans marque, ont patrouillé le site jusqu'au dernier centimètre carré, armés d'une lampe frontale et d'un sens aigu de la justice écologique.
« Un peuple qui manifeste et qui court sous la pluie est un peuple qui trie », a fièrement déclaré Christian, en glissant le carton d’emballage de ses nouvelles chaussettes de tennis sèches dans le bac jaune. « Les chasseurs ont laissé trois douilles par terre, on leur a fait un cours de civisme de 45 minutes. Ils sont repartis en courant. »
Le point d'orgue de la journée est resté l'attraction autour des bennes municipales installées près de la cabane des toilettes sèches. Dans une communion solennelle sous la pluie battante, les traileurs épuisés ont fait la queue pour effectuer un tri sélectif d'une précision chirurgicale :
- Dans le bac jaune : les bouteilles de boissons énergisantes ultra-éthiques (sans BPA) et les rares prospectus syndicaux non distribués.
- Dans le bac noir : les croûtes du pain de l'avant-veille, jugées définitivement trop dures pour être digérées par un être humain normal.
Ce respect scrupuleux des consignes de tri a apporté un vent de gaieté inattendu dans les rangs. Pour fêter ce sans-faute environnemental, les enseignants ont entonné une chanson  militante autour de la benne de recyclage, sous le regard profondément écoeuré d'un renard et d'un blaireau qui espéraient secrètement manger des restes de nourriture par terre. Les enfants, voyant que le parking était propre et qu'ils allaient enfin pouvoir monter à l'arrière du Scenic chauffé à 14 degrés pour rentrer à la maison, ont esquissé leur tout premier sourire du week-end. Une belle mentalité et un bon point pour le service public, qui prouve qu'on peut tout à fait faire la gueule pendant trois jours tout en sauvant la planète.

vendredi 9 octobre 2026

Parler ?... Oui, uniquement pour vous faire plaisir :-)


 RÊVE

Dans ce rêve je vois distinctement ce frère et cette soeur qui se sont retrouvés dans l'au delà. Ils se présentent à cet âge là bien qu'ils soient décédés à plus de 85 ans tous les deux. L'atmosphère est très sereine, ils sont heureux de s'être retrouvés et s'entendaient très bien de leur vivant. Il s'agit de la terrasse de leur maison d'enfance dans la scène du rêve. 

Sur la droite, à l'intérieur d'une église, je vois un lustre en bambou cassé en deux pour mieux laisser passer la lumière. Une journaliste que je ne vois pas veut interroger avec un micro ce frère et cette sœur qui n'ont pas particulièrement envie de lui parler. J'interviens et ils finissent par accepter de parler uniquement pour lui et nous faire plaisir. Fin du rêve !

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(S'en sont suivies d'autres scènes de rêve dans lesquelles il était aussi question de paroles. Une petite fille qui changeait d'école sortait d'une pièce mais je n'ai pas pu savoir où elle se rendait. Un homme derrière un bureau tenait un carnet dans lequel tous ces renseignement étaient consignés. J'étais assise en face de cet homme et le rêve s'est arrêté avant qu'il ne me renseigne en parlant)

Changer d'école ou changer l'école ?

La PQR ou presse quotidienne régionale est une source d'inspiration inépuisable ! Voici donc un article de la PQR à propos de l'actu...